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mercredi 2 mai 2007

DRM : Warner Music fait de la résistance...

Il y a deux mois, preque jour pour jour, Tracklaws publiait son premier article, relatif aux DRM. Il était intitulé "DRM is killing music ?! Then let's kill DRM...". En deux mois, ce sujet a continué d'intéresser juristes et professionnels du secteur, suscitant de nombreux débats. Et si les anti-DRM ont obtenu certaines victoires, il semble que les mesures techniques ne soient pas encore mortes...

Dans un article du vendredi 30 mars, nous évoquions l'accord passé entre 7 Digital, la principale plate-forme de téléchargement légal en Angleterre, et Bebo, un "social networking site", afin de permettre aux artistes qui le désiraient, de vendre directement leur musique à partir de leur page personnelle. Cet accord faisait suite au rapprochement entre Myspace et Snocap, intervenu quelques mois auparavant et poursuivant le même objectif. A leurs débuts, ces partenariats étaient surtout profitables aux artistes indépendants, qui les considéraient comme un moyen efficace de se faire valoir sur la Toile, et que l'absence de DRM lors de la vente des morceaux ne dérangait pas.

Aujourd'hui, les majors, qui sont conscientes de l'intérêt de tels systèmes, commencent également à s'y mettre. Warner Music Group vient en effet d'annoncer la conclusion d'un accord avec Snocap, qui permettra à la major de vendre la musique de ses artistes directement par l'intermédiaire de leur page Myspace. Mais contrairement à EMI, qui a récemment ouvert son catalogue à la vente sans DRM sur iTunes, Warner a réussi à imposer les DRM à Snocap. Par ailleurs, même si les conditions financières de cet accord n'ont pas encore été rendues publiques, il semble que les morceaux seront vendus à 1 dollar l'unité et qu'il n'y aura pas de réduction en cas d'achat de l'album entier.

Est-ce vraiment une bonne stratégie de vouloir imposer les DRM pour vendre de la musique sur Myspace ? Selon nous, cette plate-forme fait partie des symboles de l'Internet participatif et communautaire et les mesures techniques n'y sont pas très bien vues. De plus, le fait que le morceau reste au prix d'un dollar l'unité, même en cas d'achat de l'album entier, n'a rien d'attractif du point de vue tarifaire. De telles conditions semblent invraisemblables alors même qu'un morceau téléchargé illégalement est gratuit et peut être copié ou écouté sur n'importe quel support. Comment dès lors convaincre les internautes d'acheter un morceau plutôt que de le télécharger si celui-ci est cher et ne peut être lu que sur certains supports ? Une récente étude a montré que 48% des Français téléchargaient...et ce n'est certainement pas avec des initiatives comme celles de Warner que ce taux va réduire. C'est malheureux pour les auteurs, qui supportent les frais des erreurs stratégiques des sociétés à qui ils ont cédé leurs droits...

dimanche 4 mars 2007

Youtube et Myspace invités à négocier

La CISAC (Confédération internationale des sociétés d'auteurs et de compositeurs) et la BIEM (Bureau international des sociétés gérant les droits d'enregistrement et de reproduction mécanique) ont récemment envoyé une lettre à MySpace et Youtube les incitant à entamer des négociations sur la rémunération des ayants droits des vidéos piratées accessibles sur leurs sites.

Dans un communiqué publié jeudi dernier, les deux organisations critiquaient le mécansime de suppression immédiate des contenus illicites, lui péréférant une rémunération adéquate des ayants droits. Nous partageons l'avis de ces deux organisations. En effet, l'architecture même des plates-formes comme YouTube et Myspace et la communauté qui gravite autour d'eux a pour principale conséquence qu'une vidéo mise en ligne va rapidement faire le tour du monde et être enregistrée sur d'autres supports, rendant ainsi sa suppression ultérieure du site totalement inefficace. Le mal est déjà fait en quelque sorte...

L'objectif est donc, selon Eric Baptiste et Ronald Mooij, respectivement directeur général de la SISAC et secrétaire général de la BIEM, d'initier des partenariats avec ces plateformes, afin qu'elles puissent continuer d'exister et de se développer tout en respectant les droits et la rémunération des créateurs et producteurs. Quelque soit l'issue de ces négociations, il faut espérer qu'à terme les deux géants de la diffusion de vidéos sur Internet opteront pour le principe de la rémunération. Leur réussite phénoménale (rappelons ici que YouTube a récemment été racheté par Google pour la modique somme de 1,65 milliards de dollars !) est majoritairement basée sur les contenus qu'ils diffusent, notamment ceux protégés par le droit d'auteur. La moindre des choses serait alors d'en rémunérer les créateurs, donnant de surcroît un exemple indiscutable de la capacité des communautés d'internautes à générer des profits équitables. Le Web 2.0 a permis la création de ces communautés, il faut désormais réfléchir à la manière de les exploiter au mieux...